Caroline White (CRB)
Écrits
Ecrits de Christian GAUSSEN - Décembre 1990

Le fameux « Je ne cherche pas, je trouve » de Pablo PICASSO illustre parfaitement un état d’esprit qui animera tous les mouvements artistiques du vingtième siècle, cette prodigieuse confusion des styles, des genres, la naissance presque annuelle des nouvelles tendances caractérise une situation où énergie et dépense définissent notre civilisation.

Le glissement progressif des cultures nordiques vers la Méditerranée constitue une des composantes de l’accélération d’échanges de cette fin de siècle, juste retour des choses après une période entièrement tournée vers les cultures anglo-saxonnes.

L’œuvre de Caroline WHITE formalise sans doute cette double apparence sociologique et artistique, mise en brèche têtue des clichés et idées reçues, dont se réclament les « néo » avant-gardes ; ses sources d’inspiration d’une évidente simplicité, sous-tendent un anti-conformisme, une radicalité dont on ne mesure pas encore assez les implications.

Si l’on accepte de placer son regard à l’incidence d’un éclairage qu’elle révèle par exemple : les contre-jours de l’architecture romane, des abbayes cisterciennes, les modulations de la lumière sur un paysage toscan où les variations chromatiques de Sienne, on découvre une infinité de définitions de l’espace qui utilise le continuum de la luminosité pour les transformer en sculptures, en peintures.

Caroline WHITE cite Piero Della FRANCESCA, Kurt SCHWITTERS, parmi les incontournables références qu’un artiste doit posséder, elle sait d’évidence la puissance de ces « phares » qui ont brûlé tant de velléité et de naïveté, découragés tant d’intelligence et de volonté ! reste que personne ne possède la vérité qui détermine, oriente une passion... excepté celui qui s’y donne.